représentations de mot
Ce sera une constante chez Freud: la préconscience et l’accessibilité à la conscience demandent la liaison avec les représentations de mot. On trouve déjà les prémisses de cela dans le livre sur les aphasies de 1891.
Il y a lieu ici de faire une digression à propos de l’expression “représentation de mot” où le mot “représentation” peut, je crois, nous induire en erreur. Dans la mesure où on accepte de poser une différence entre “présentation” et “représentation”, je crois qu’il faudrait suivre Strachey qui, dans la traduction anglaise, écrit “word presentation” et non “ word representation”. Parler en effet de “représentations de mot” qui s’ajouteraient à l’inscription inconsciente (plus tard appelée “représentation de chose”) cela laisserait entendre que nous avons affaire à des représentations achevées, ce qui est contradictoire puisque la jonction avec les mots est précisément ce qui aboutit à la formation d’une représentation consciente.
Il est par contre plus logique de poser que deux présentations, l’une de chose, l’autre de mot, se combinent au plan préconscient pour donner une représentation au plein sens du terme.
D’ailleurs, la présentation de mot soulignerait qu’à ce stade nous avons affaire à un pur signifiant encore détaché de tout signifié puisque y manque le référent. La mention, plus loin dans le même paragraphe, de la “vivification hallucinatoire des représentations de mot” indique bien qu’il s’agit plutôt de “présentations”, une hallucination n’étant pas une représentation, mais s’imposant comme présence.
En opposition à la théorie de Lacan, c’est le préconscient qui, chez Freud, est lié au langage. Encore faut-il souligner que c’est la possibilité d’une langue qui est là présente, les présentations de mot et de chose devant être conjoints pour donner lieu à une possible énonciation.
Freud dira plus tard (en 1923, dans Le moi et le ça) que dans le préconscient se trouvent les résidus mnésiques de mots entendus où l’appareil puise dans le processus du devenir conscient. Des traces, donc, et non des représentations à part entière.
Il faut, à ce sujet, aller relire les deux premières sections du texte de 1923.